IST : DE LA PRÉVENTION À LA PRISE EN CHARGE – Un nouveau Digital Learning à suivre à son rythme sur le site de la SSMG
La Revue de la Médecine Générale n° 395 | septembre 2022
Interview croisée du Dr Hanna BALLOUT de la cellule Santé sexuelle de la SSMG et du Dr Margaux ARON de PSMG, Promo Santé & Médecine Générale, chevilles ouvrières de ce nouveau parcours de formation de 2 heures sur une problématique particulièrement importante en médecine générale.
Quels sont les objectifs de ce Digital Learning ?
Margaux ARON :
Notre propos est d’aider le médecin généraliste à aborder la thématique en consultation, quel que soit le profil du·de la patient·e et sans préjuger de ses préférences et comportements. Nous avons voulu aborder la thématique dans son ensemble, de l’état des lieux de l’épidémiologie à l‘état actuel des connaissances en terme de dépistage, de prise en charge et de prévention.
Hanna BALLOUT :
Je précise que, si la formation proposée est centrée sur les IST, nos consultations en médecine générale ne doivent pas se limiter au prisme du risque mais aborder globalement la sexualité : le plaisir, la contraception, etc.
Comment avez-vous travaillé ?
Hanna BALLOUT :
Ce travail est le fruit d’une collaboration entre la cellule Santé sexuelle de la SSMG et l’asbl Promo Santé & Médecine Générale (PSMG) qui a veillé à inscrire la formation dans le cadre de la promotion de la santé dont les principes ont été rappelés dans la première partie de la formation : implication du·de la patient·e, proactivité et attitude non-jugeante du médecin, littératie en santé, travail en réseau, etc.
Notre formation s’adressant à tous les médecins généralistes dans tous les milieux, nous avons aussi intégré dans le groupe de travail des médecins aux profils différents : des médecins exerçant en milieu rural, des médecins avec une pratique de ville, en maison médicale, en planning familial, à l’Espace P (une asbl qui accompagne les travailleurs et travailleuses du sexe), etc.
Nous avons fait relire l’ensemble de la formation par le Dr Thomas André qui travaille à la S-Clinic du CHU Saint-Pierre et collabore au projet TTBM (Très Très Bon Médecin : une initiative soutenue par l’asbl Exæquo pour une prise en charge plus respectueuse des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes). Pour les aspects éthiques, nous avons sollicité le Dr Agnès Libois, infectiologue au CHU Saint-Pierre et le Dr Michel Méganck, médecin généraliste et expert judiciaire.
La formation aborde 3 axes : le dépistage, la prise en charge et la prévention. Quels sont les messages clés ?
Hanna BALLOUT :
Le dépistage est une attente du·de la patient·e souvent oubliée par le médecin. Beaucoup de médecins n’osent pas aborder la question. Or les IST sont en augmentation mais pas de manière homogène. La formation pointe le type de patient·e·s à dépister et propose des outils adéquats.
Margaux ARON :
En ce qui concerne la prise en charge, nous avons repris les dernières recommandations en nous basant sur la pratique des centres de référence. Par exemple, contrairement à ce qui est indiqué dans le BAPCOC, de nombreux experts recommandent désormais la Doxycycline pour traiter la chlamydia et non plus l’Azythromycine. Pour les gonocoques, c’est uniquement la Ceftriaxone qui est recommandée. La formation aborde aussi l’importance de pouvoir en parler aux partenaires unique ou multiples ainsi que le cadre légal des IST car la connaissance de nos limites et obligations en tant que médecin généraliste permet de responsabiliser le·la patient·e.
Hanna BALLOUT :
Notre rôle est aussi de promouvoir la prévention. Il existe des moyens efficaces de prévenir les IST et nous les passons en revue tout en relayant les dernières mesures. Le vaccin contre le HPV vient d’étendre son remboursement aux garçons et les médecins généralistes sont désormais sollicités pour des projets de suivi de patient·e·s sous PREP. La prévention évolue et nous relayons cette évolution.
Qu’avez-vous mis en place pour actualiser la formation ?
Margaux ARON :
Outre l’évolution du contenu en fonction de l’actualité, nous avons demandé aux médecins qui suivent la formation de faire leurs remarques et de nous aider à la mise à jour ou à la clarification de l’information.
Le mot de la fin ?
Margaux ARON :
Le contenu du Digital Learning est très complet et la formation dure 2 heures. Pour la rendre agréable à suivre, nous proposons de nombreuses vidéos, infographies et tableaux récapitulatifs.
Pour suivre la formation, rendez-vous sur le site de la SSMG : https://www.ssmg.be/courses/ist/