Grande Journée Promo Santé & Médecine Générale – 20/11/2021
SEXUALITÉ ET BIEN-ÊTRE : UN SUJET DE CONSULTATION
La Revue de la Médecine Générale n° 386 | octobre 2021
La prochaine GJ PSMG abordera le sujet de la sexualité et du bien-être. Gaëlle FONTEYNE, coordinatrice PSMG, et le Dr Séverine KERCKX détaillent les objectifs de cette journée.
Quels sujets seront proposés aux participants lors de cet événement ?
Gaëlle FONTEYNE :
Après une courte introduction de la journée, Manoë Jacquet, de l’asbl Femmes et Santé, reviendra sur les concepts de base en matière de sexe, de genre et d’orientation sexuelle. Une présentation de l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles sur les inégalités sociales en santé sexuelle, puis l’intervention du Dr BOÜÜAERT, MG en Planning familial et centre IVG, compléteront ce début de journée qui permettra d’avoir une vision d’ensemble de la promotion de la santé sexuelle. Les deux ateliers qui suivront sont davantage tournés vers la pratique.
Séverine KERCKX :
J’ajouterais simplement que ce thème a fait l’unanimité lorsque nous avons commencé les préparatifs de la Grande Journée. Il interpelle d’autant plus les médecins généralistes qu’il a été occulté comme d’autres lors de la crise sanitaire. Or celle-ci a paradoxalement révélé l’importance d’une meilleure appréhension des éléments de la vie des patients pour lesquels on a besoin d’avoir une vision plus globale et non limitée au curatif.
La Grande Journée commencera par le rappel de certains concepts de base. Pourquoi ?
Gaëlle FONTEYNE :
L’intérêt de cette partie plus « théorique » est de prendre en compte des aspects qui ne sont pas purement médicaux. Mieux comprendre les concepts, questionner nos modes de pensée et s’interroger sur sa pratique permet aux médecins de s’adresser différemment à leurs patient·e·s. Par exemple, la présentation de l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles montre que l’accès aux soins en matière de santé sexuelle est inégal au sein de la population. Les déterminants sociaux jouent un rôle important dans la santé des patients, il faut donc en tenir compte dans la prise en charge.
Séverine KERCKX :
Notre but est de montrer qu’il ne faut pas s’en tenir à la base. La sexualité et le bien-être sont des sujets qui soulèvent beaucoup de questions, que certains médecins n’osent pas toujours aborder avec les patients. La journée a notamment pour objectif de les sensibiliser à l’importance de l’inclusivité en médecine générale, à l’existence de publics plus vulnérables et aux nombreuses formes de sexualité qu’on peut rencontrer aujourd’hui. Souvent, quand on parle de santé sexuelle, on évoque la contraception, le dépistage IST mais l’aspect bien-être est rarement mentionné.
En revanche, les ateliers ont une approche plus concrète de cette thématique.
Gaëlle FONTEYNE :
Bien sûr, car si les concepts aident à mieux comprendre les patients dans toute leur diversité, en consultation les médecins ont besoin de « clés » pour mieux répondre aux besoins particuliers de chaque personne : il est donc important d’avoir des échanges d’expériences et de bonnes pratiques, d’offrir des conseils pour pouvoir aborder ce sujet sans crainte et sans tabou. C’est notamment l’objectif de l’atelier mené par les Drs Hanna BALLOUT et Sarah CUMPS de la cellule Santé et Sexualité de la SSMG, qui appelle les MG à « oser en parler ».
Séverine KERCKX :
En atelier, les problématiques traitées sont plus précises mais nous sommes toujours dans une optique de prévention. Il est difficile pour un médecin de parler de santé sexuelle sans se sentir intrusif. Or c’est non seulement un pan important de notre vie mais en plus on sait que certains traitements médicaux ont un impact sur la vie sexuelle des patients. Ce point sera discuté dans l’atelier sur les « questions de sexualité en MG», du Dr Sophie NOËL.
Quels sont alors les maîtres-mots à retenir pour faire évoluer le dialogue avec le patient ?
Séverine KERCKX :
Il faut être proactif, avoir une communication empathique et sans jugement face à la personne qui se trouve devant soi. Et surtout ouvrir le dialogue sans a priori car rien n’est certain en ce qui concerne la vie sexuelle. La culture est également un élément essentiel à prendre en compte car l’intimité nécessite une approche adaptée. Même dans notre société qu’on pourrait qualifier d’hyper-sexualisée, le sujet reste relativement tabou.
Gaëlle FONTEYNE :
Le médecin doit laisser la porte ouverte au patient pour que celui-ci se sente en confiance et puisse s’exprimer. Grâce à son sens de l’écoute, sa bienveillance, le médecin va permettre le début d’un dialogue important puisque ce thème est présent tout au long de notre vie.
La Grande Journée PSMG, organisée en collaboration avec la cellule Santé et Sexualité de la SSMG et l’asbl Femmes et Santé, se déroule cette année à Nivelles ! Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 novembre 2021.

