Description du projet

Aborder la pratique d’une activité physique modérée et régulière avec nos patient·e·s

Chaque année, 3,2 millions de décès sont attribuables à la sédentarité, ce qui en fait le 4e facteur de risque de mortalité derrière l’hypertension, le tabac et l’hyperglycémie mais devant l’obésité, l’hypercholestérolémie et l’alcool.

Ce haut niveau de sédentarité s’explique principalement par « le manque de pratique physique pendant les temps de loisir mais aussi par l’augmentation des comportements sédentaires au cours des activités professionnelles et domestiques » (selon l’OMS)

En tant que médecin généraliste, vous avez un rôle important à jouer dans la promotion de l’activité physique auprès de vos patient·e·s ; vous pouvez utiliser :

  1. Le conseil bref: rapide et efficace (Orrow et al., 2012) ; le·la patient·e a entendu les termes « sédentarité et activité physique » dans la bouche de son médecin. Il·Elle sort du cabinet avec cette question « Suis-je actif·active ? », point de départ d’une possible réflexion …
  2. L’entretien motivationnel: Il est basé sur le dialogue, la négociation et la prise de responsabilité de la·du patient·e. Consultez la grille avantages et inconvénients.
  3. La prescription écrite: n’hésitez pas à coucher vos recommandations et/ou les résolutions de la·du patient·e en termes de fréquence, de quantité et de qualité sur papier, certaines études confirment l’impact d’une prescription écrite
  4. Des questionnaires d’évaluation de l’activité physique que vous pouvez utiliser ou que vos patient·e·s peuvent s’auto-administrer, dont le questionnaire de Ricci et Gagnon, le GPAQ de l’OMS ou encore, un algorithme de prise en charge développé par le Dr Catherine Docquier dans le cadre de son TFE
  5. Et si vous commenciez par vous poser ces questions à vous-même ?
    Faites-vous assez d’activité physique ? des études tendent à montrer un lien entre l’activité physique des médecins généralistes et la prescription à leurs patient·e·s …

PROMOTION DE LA SANTÉ & PRÉVENTION

Vous occupez donc, en tant que médecin généraliste, une place centrale dans l’évaluation et la promotion de l’activité physique. Si vous avez encore des doutes, lisez les recommandations de l’OMS :

« Afin d’améliorer leur endurance cardiorespiratoire, leur état musculaire et osseux, et réduire le risque de maladies non transmissibles et de dépression, les adultes âgés de 18 à 64 ans devraient pratiquer au moins, au cours de la semaine :

  • 50 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’activité d’intensité modérée et soutenue ;
  • L‘activité d’endurance devrait être pratiquée par périodes d’au moins 10 minutes ;
  • Pour pouvoir en retirer des bénéfices supplémentaires sur le plan de la santé, les adultes devraient augmenter la durée de leur activité d’endurance d’intensité modérée de façon à atteindre 300 minutes par semaine ou pratiquer 150 minutes par semaine d’activité d’endurance d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’activité d’intensité modérée et soutenue
  • Des exercices de renforcement musculaire faisant intervenir les principaux groupes musculaires devraient être pratiqués au moins deux jours par semaine. »

L’intensité modérée se définit par une activité entrainant un léger essoufflement et un peu de transpiration tout en permettant d’être capable de parler.

Il n’est donc pas nécessairement question d’une pratique sportive dure et exigeante. Au cours des actes de la vie quotidienne, il y a moyen de rester en mouvement de manière régulière : marche, danse, vélo, jeux avec des enfants, ménage, bricolage, jardinage, monter les escaliers … le choix est large. Il est capital de promouvoir l’activité physique en termes de plaisir, de détente et de connaissance de soi plutôt que d’effort et de souffrance.

Rendez-vous sur le site de l’OMS pour en savoir plus sur l’activité d’intensité modérée ou intense

Avantages et inconvénients de la pratique d’une
activité physique modérée et régulière et de la sédentarité

AVANTAGES à pratiquer (ou proposer)
une activité physique modérée et régulière :

  • Fait perdre du poids

Et aussi, mais le patient sédentaire n’en a peut‐être pas encore fait l’expérience :

  • Procure une sensation de bien‐être
  • Procure de l’énergie
  • Procure du plaisir
  • Améliore la fonction sexuelle
  • Sentiment de faire un travail global
  • Mesure concrète pour contribuer à aider le patient à arrêter de fumer ou à ne pas rechuter
  • Sentiment de proposer des voies de solution aux problèmes du patient
  • Réduit la mortalité de 30%
  • Meilleur contrôle du poids si l’activité physique est couplée à la diminution de l’apport calorique
  • Améliore les taux de cholestérols
  • Réduit la TA chez les hypertendus
  • Réduit l’apparition du diabète de type 2 et permet de mieux contrôler le diabète installé
  • Réduit le risque de maladie coronarienne
  • Réduit les risques de cancer du côlon et du sein
  • Réduit le risque d’ostéoporose
  • Réduit le risque de dépression et a des effets positifs sur les répercussions d’une dépression
  • Améliore la qualité du sommeil
  • Et … allonge la durée de vie !

INCONVENIENTS à pratiquer (ou proposer)
une activité physique modérée et régulière :

  • Cela prend trop de temps
  • Courir en ville n’est pas agréable
  • Le climat est trop mauvais
  • Cela pousse à manger plus
  • Transpiration, essoufflement
  • Risque de se faire mal (accident, tendinite, entorse, fracture, …)
  • « Je suis fatigué »
  • « Ma condition physique ne me le permet pas »
  • « Je suis trop gros »
  • « Je n’aime pas le sport »
  • « J’ai déjà essayé et cela ne donne rien »
  • « Cela ne m’intéresse pas »
  • « Je n’en ai pas besoin »
  • « Je suis déjà actif toute la journée vu mon métier »
  • « Ce n’est pas le bon moment »
  • « Ça coûte cher ! »
  • « Il n’y a pas de gym près de chez moi »
  • « Je ne suis pas habile dans les sports »
  • Risque de déplaire au patient qui ne souhaite pas entendre ce genre de proposition
  • Risques de blessures si on pratique une activité physique non adaptée
  • Pour que l’activité physique soit efficace en termes de santé, elle doit être régulière, quotidienne

AVANTAGES à NE PAS pratiquer (ou proposer)
une activité physique modérée et régulière (sédentarité) :

  • Permet d’avoir du temps pour autre chose
  • « On ne risque pas de se blesser »
  • Ne pas risquer de déplaire au patient en lui parlant d’une activité qui ne l’intéresse pas ou qui ne fait pas partie des raisons de sa venue en consultation

INCONVENIENTS à NE PAS pratiquer (ou proposer)
une activité physique modérée et régulière (sédentarité) :

  • Sentiment de ne rien faire pour garder sa forme (sentiment de culpabilité)
  • Sentiment de ne rien faire pour perdre du poids
  • Sentiment de ne pas aller au bout de son travail
  • Sentiment de ne pas proposer au patient des solutions simples à certains de ses problèmes de santé

La sédentarité renforce un nombre important de causes de mortalité :

  • Double le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’obésité
  • Augmente les risques de cancer du colon, d’hypertension artérielle, d’ostéoporose, de troubles lipidiques, de dépression et d’anxiété