Description du projet

Aborder la question de l’alimentation lors d’une consultation

La question de l’alimentation peut être abordée à de multiples occasions en consultation de médecine générale. Elle peut tout aussi bien être soulevée lors d’un check-up à la demande chez une personne à priori en bonne santé que lorsqu’un·e patient·e se présente pour des motifs et plaintes variés : fatigue, troubles du transit, surpoids et obésité, etc.

Le surpoids et l’obésité touchent une part de plus en plus importante de nos patient·e·s, selon les données de l’OMS, le surpoids touche 58,7% de la population en Europe, tandis que l’obésité concerne 23,3% de personnes, avec des disparités importantes entre hommes et femmes, ainsi qu’en fonction des catégories socio-économiques.

Un·e adulte est en surpoids quand son IMC[1] est égal ou supérieur à 25, et considéré·e comme obèse dès lors que son IMC est égal ou supérieur à 30. Cela peut entrainer et/ou favoriser les maladies cardiovasculaires, le diabète, des troubles musculo-squelettiques et certains cancers. Il s’agit d’un problème de santé publique.

[1] L’IMC est L’indice de masse corporelle, une mesure simple du poids par rapport à la taille couramment utilisée pour estimer le surpoids et l’obésité chez l’adulte. Il correspond au poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m2. L’IMC est la mesure la plus utile du surpoids et de l’obésité dans une population car, chez l’adulte, l’échelle est la même quels que soient le sexe ou l’âge du sujet. Il donne toutefois une indication approximative car il ne correspond pas forcément au même degré d’adiposité d’un individu à l’autre.

OUTILS

Il existe de multiples outils comme le bilan initial d’un excès de poids qui vous permet, avec votre patient·e de faire le point sur sa situation alimentaire et physique lors d’une consultation, et le guide de la prise en charge médicale de 1ier recours ; 2 outils développés par la Haute Autorité en Santé.

De façon systématique, il est recommandé au médecin généraliste de :

  • Mesurer le tour de taille chez les adultes à la 1ière consultation ou en cas de nécessité,
  • Peser régulièrement, au mieux à chaque consultation, toute·s les patient·e·s,
  • A la 1ière consultation chez les adultes, mesurer la taille et chez les enfants, mesurer régulièrement la taille
  • Calculer l’IMC pour toute·s les patient·e·s quel que soit le motif de la consultation,
  • Inscrire le poids et la taille dans le dossier du patient pour calculer l’IMC et en surveiller l’évolution,
  • Rechercher d’éventuels facteurs favorisant la prise de poids.

Astuce pour mesurer une portion idéale de viande ou de poisson : utilisez l’équivalent de la surface de la paume de votre main pour la viande et de votre main entière pour le poisson.

Vous pouvez aussi recourir à des outils simples pour aider vos patient·e·s à mieux évaluer et visualiser leur consommation comme l’assiette bien manger, proposée dans le guide alimentaire canadien, la pyramide alimentaire ou l’épi alimentaire proposé par la Belgique :

ou pour élaborer des menus équilibrés et sains, comme la Fabrique à Menus du programme Manger, Bouger

N’hésitez pas à faire un appel à des confrères ou à d’autres professionnel·le·s de santé pour proposer une prise en charge intégrée à votre patient·e : diététicien·ne, nutritionniste mais aussi psychologue, kinésithérapeute, etc.

PREVENTION /PROMOTION DE LA SANTE

Nombreux sont les patient·e·s qui consomment de trop grande quantité de nourriture par rapport à leurs besoins et/ou qui mangent « mal » au regard des recommandations de santé. Cependant, l’alimentation est une activité humaine complexe qui renvoie à de multiples facteurs tels que la dimension économique (accès financier à une nourriture de qualité et diversifiée), les facteurs psychologiques (le plaisir, l’image de soi, la gestion de émotions), les enjeux culturels (pratiques alimentaires, importance donnée au repas, représentation du corps « en bonne santé », etc.). Cela nécessite donc une approche globale et de la patience. Les changements de comportements alimentaires doivent s’inscrire dans le temps. Ils ne doivent pas être envisagés de manière trop précipitée ni radicale.

Comme pour toute démarche de changement de comportement, il s’agit d’avoir une approche centrée sur le·la patient·e afin de partir de son vécu. Il·elle va pouvoir évoquer tout ce qui l’inquiète car cela changera son quotidien et parfois celui de ses proches aussi.  Le·la patient·e peut aussi citer les avantages à continuer de s’alimenter tel qu’il le fait actuellement ! Vous pouvez découvrir les avantages et inconvénients à aborder la question de l’alimentation tant au niveau du patient que du médecin généraliste.

Selon le Plan National de Nutrition Santé belge (PNNS-B), l’alimentation saine consiste à :

  • Favoriser l’adéquation entre les apports et les dépenses énergétiques
  • Augmenter la consommation de fruits et légumes (> 400 g / jour) (min. 5 portions de fruits et légumes /jour)
  • Limiter l’apport de matières grasses (< 35% de l’apport énergétique total)
  • Promouvoir la consommation de glucides complexes (céréales complètes, légumineuses)
  • Diminuer la consommation de glucides simples ajoutés
  • Augmenter la consommation de fibres (fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes)
  • Limiter la consommation de sel (plats préparés !)
  • Encourager la consommation d’eau comme boisson (1,5 litre / jour)

Le PNNS-B met également l’accent sur le couplage de la démarche nutritionnelle avec la promotion de l’activité physique et l’attention particulière aux personnes à risque accru (surpoids ou obésité, HTA, hypercholestérolémie).

La cellule « Nutrition » de la SSMG a également développé quelques fiches techniques utiles en médecine générale.

Avantages et inconvénients
d’adopter une alimentation plus saine

AVANTAGES à changer (ou à proposer de changer)
les habitudes alimentaires en faveur d’une alimentation plus saine :

  • « C’est meilleur pour la santé »
  • « C’est bon pour nos enfants »
  • Fierté d’avoir une alimentation saine
  • Répond à une attente de beaucoup de patients (40%)
  • Sentiment de bien faire son travail de promotion de la santé
  • Permet d’éviter des problèmes et des médicaments
  • Effet favorable sur l’estime de soi

Effet protecteur sur la santé :

  • Sur la plupart des cancers (œsophage, bouche, larynx, pharynx, estomac, poumon, colon‐rectum
  • Diminution de min 20 à 50% des cancers si min 400 g de fruits et légumes par jour

Effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires :

  • La consommation de fruits et légumes, de poisson gras (diminution de la mortalité cardiovasculaire par deux en un à deux mois), de céréales complètes, d’avoine, de noix
  • Diminution de la TA, des lipides de la glycémie par une amélioration globale de l’hygiène alimentaire
  • Prévention de l’obésité et du diabète de type 2 : une intervention hygiéno‐diététique est deux fois plus efficace que les médicaments pour réduire le risque de diabète chez les obèses avec intolérance glucidique

INCONVENIENTS (freins, résistances) à changer (ou à proposer de changer)
les habitudes alimentaires en faveur d’une alimentation plus saine :

  • « On doit renoncer à ce qu’on aime »
  •  Les repas sains sont plus coûteux
  • Difficile d’imposer sa manière de manger aux autres (risque de ne plus pouvoir manger avec ses proches, remise en question de son mode de vie)
  • Difficile de trouver des aliments sains à proximité, dans les night‐shops
  • Manger sain n’est pas très attirant et procure moins de plaisir
  • Risquer des commentaires négatifs des adolescents qui n’aiment pas changer leurs habitudes (génération « fast food »)
  • Exige plus de temps de préparation
  • Difficile de changer la manière de cuisiner (compétences)
  • Exige un nouvel équipement de cuisine
  • Risquer d’ennuyer un patient avec ce qu’il n’a pas envie d’entendre
  • Prend du temps
  • Rentrer dans un terrain que je ne maîtrise pas bien

AVANTAGES à NE PAS changer (ou à ne pas proposer de changer)
les habitudes alimentaires en faveur d’une alimentation plus saine :

  • Plus facile, plus rapide et moins coûteux
  • « On mange ce qu’on aime »
  • « On mange à sa faim »
  • « On peut manger n’importe où »
  • « Permet de manger avec ceux avec qui on a l’habitude manger »
  • Manger et grignoter permet de calmer ses angoisses, son stress
  • « On comble sa faim »
  • Pas besoin de changer ses habitudes
  • Promouvoir un changement prend du temps
  • Pas de risque d’ennuyer un patient avec ce qu’il n’a pas envie d’entendre
  • Pas besoin d’étendre ses connaissances en matière d’alimentation
  • Les patients ne sont pas prêts à changer leurs habitudes

INCONVENIENTS (freins résistances) à NE PAS changer (ou à ne pas proposer de changer)
les habitudes alimentaires en faveur d’une alimentation plus saine :

  • « On ne se sent pas bien dans sa peau »
  • « Je vais continuer à me trouver gros/grosse »
  • Risquer de ne pas être en bonne santé
  • Sentiment de ne pas faire ce que l’on sait être bon pour soi
  • Risquer de déplaire à celles et ceux qui encouragent à changer
  • Sentiment de ne pas faire son travail de manière complète et globale
  • Les mauvaises habitudes alimentaires jouent un rôle certain dans les maladies CV, l’HTA, le diabète de type 2, certains cancers et les caries dentaires

OUTILS

REFERENCES

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